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Propos discriminatoires du porte-parole de l’armée contre les femmes tutsi : Félix Tshisekedi déplore la dérive de langage du général-major Sylvain Ekenge

Le président de la République Félix Tshisekedi a déploré les propos jugés stigmatisants tenus par le porte-parole de l’armée congolaise, le général-major Sylvain Ekenge, à l’encontre des femmes tutsi congolaises très fréquentes dans la région des Kivus, en pleine crise sécuritaire dans l’est de la RDC.

Ces propos ont été tenus le 27 décembre 2025 à la télévision publique (RTNC 1), avaient suscité une polémique. Le porte-parole des FARDC, le général-major Sylvain Ekenge, avait évoqué une supposée stratégie d’infiltration du Rwanda, qui pourrait passer par des relations familiales ou matrimoniales, citant explicitement les femmes tutsi. Des déclarations jugées stigmatisantes, dans le contexte du conflit entre l’armée congolaise contre l’AFC/M23 soutenu par Kigali.

Lors de la 73ème session ordinaire du Conseil des ministres tenue ce vendredi 02 janvier 2026, le chef de l’État congolais a rappelé que la parole public engage l’État sur sa crédibilité, son autorité morale, sa capacité à rassembler la nation et à préserver durablement la cohésion nationale, cité par Patrick Muyaya. À ce titre, toute expression émanant d’un responsable publique doit être empreinte de retenue, de responsabilité et d’un sens aigu de l’intérêt supérieur de la République, rapporte ainsi le ministre de la communication et médias Patrick Muyaya, dans son compte rendu.

« À cet égard, il a suivi avec une attention particulière la récente sortie médiatique du porte-parole des forces armées de la République démocratique du Congo, diffusée sur la chaîne nationale, au cours de laquelle des propos à caractère méprisant et stigmatisant ont été tenus à l’endroit des femmes de la communauté tutsi. Le président de la République a déploré vivement cette dérive de langage qui ne reflète ni les valeurs républicaines, ni l’éthique de responsabilité, ni la hauteur de vue attendue d’une parole officielle émanant d’une institution aussi sensible et stratégique que l’armée nationale. Des tels propos sont de nature à fragiliser la cohésion nationale, la cohésion sociale, à alimenter des tensions inutiles et à apporter atteinte à l’image et à la crédibilité de l’État tant sur le plan interne qu’externe », rapporte également Patrick Muyaya, le porte-parole du gouvernement.

Après des vives polémiques, le général-major Sylvain Ekenge, a été suspendu de ses fonctions du porte-parole des forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Dans un communiqué officiel, l’armée avait condamné les propos de ce dernier, qu’elle jugeait « incompatibles avec les valeurs républicaines et les missions constitutionnelles dévolues aux FARDC ». L’état-major avait formellement précisé aussi que ces déclarations ne reflètent ni la position officielle de la RDC, ni celle du président Félix Tshisekedi, ni celle du gouvernement.

Félix Tshisekedi a par ailleurs, approuvé les mesures prises à l’encontre de l’auteur de ces propos, tout en rappelant que la parole de l’État ne serait être improvisée, émotionnelle ou approximative, ajoute le porte-parole du gouvernement congolais, le ministre de la communication et médias Patrick Muyaya, dans son premier compte rendu de cette nouvelle l’année.

David Ekutshu

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